Ecole d’entrepreneuriatUne école d'entrepreneuriat

Imaginez un lieu ouvert sur le modèle des tiers-lieux, sans niveau d’entrée obligatoire ni sélection formelle, qui devrait accueillir les publics de tous âges avec un programme plus particulier pour les jeunes, particulièrement les mineurs. Diplômante ? Pour quoi faire ? Le seul diplôme qui compterait sera ce qu’on aurait réussi à y créer.

Imaginez une école au cœur d’un lieu rempli d’entrepreneurs, les deux mondes en perpétuelle interaction. Imaginez que vos professeurs soient ceux qui aident les startup à se développer.

Imaginez toujours que chaque élève ait un mentor, lui même startuper ou entrepreneur.

Et imaginez que cette école pourvoirait les compétences indispensables pour innover aujourd’hui, en enseignant les bases du développement web et de la fabrication numérique.

Imaginez un lieu où chaque génération serait en capacité d’accompagner la génération suivante.

Si ce que vous parvenez à imaginez avec moi vous plaît, sachez que ce projet est en cours de concrétisation, et que nous avons vraiment besoin de chacun de vous pour qu’il devienne un véritable vecteur de changement pour notre société !

 

Une école d’entrepreneuriat

Genèse

 

MAxandME

J’aimerais vous raconter une histoire… L’histoire de Mathieu, un cancre, une personne destinée à alimenter les statistiques d’échec de notre système scolaire. Si je tiens autant à vous raconter cette histoire, ce n’est pas du tout parce-que je la juge intéressante dans sa singularité, mais parce qu’elle m’apparaît, dans ma pratique quotidienne de l’entrepreneuriat, représentative de ce qui, en France aujourd’hui, l’empêche d’être pleinement une alternative crédible et incontournable pour sortir de la problématique d’un chômage galopant.

En fait, Mathieu, c’est mon histoire.

Un cancre, un vrai : c’est le seul mot que je trouve pour me définir dans mon parcours scolaire. Apprendre par cœur : impossible ! Apprendre sans comprendre : impossible aussi. J’étais un élève dissipé, insolent, mais doté d’un capital sympathie hors du commun dont j’ai encore, bien heureusement, quelques restes !

J’ai même réussi l’improbable : rater le brevet des collèges…

En fin de troisième, notre système éducatif, dépositaire, au sens propre comme au figuré, de ma destinée, me propose donc deux choix d’orientation, sensés conditionner l’intégralité de ma vie professionnelle : devenir tourneur-fraiseur ou mécanicien agricole.

Pour moi, qui, malgré tout, avait conscience que ma seule compétence consistait dans ma capacité de réflexion et d’analyse, et qui parvenait, régulièrement, à me blesser simplement en ouvrant un pot de confiture, je vous avoue que ces perspectives se révélaient particulièrement anxiogènes.

J’ai donc fait ce que je savais le mieux faire, à savoir sécher les cours tant je n’arrivais pas à comprendre qu’on puisse réduire toute ma vie future à ces deux, seules et uniques, alternatives.

Je suis ainsi devenu ce que, aujourd’hui, on appelle un décrocheur. Ce que c’est qu’un décrocheur ? Patience… J’y viens dans une petite minute…

Il y a de nombreuses choses qui me révoltent dans le monde qui est le nôtre, et je vous en épargnerai l’inventaire. Mais il y en a deux, deux qui m’exaspèrent tout particulièrement et que je vais aborder avec vous parce qu’elles sont au cœur de notre problématique. D’abord parce qu’elles entraînent avec elles tout un ensemble d’effets collatéraux aux conséquences dramatiques, mais aussi, et vous allez vous en rendre compte, juste un peu de bon sens accompagné d’un soupçon de volonté suffiraient à les neutraliser.

La première c’est la prétendue crise de l’emploi dont est sensée être affligée notre époque. Une catastrophe pour beaucoup, et qui semble être justifiée si on considère les dégâts qu’elle serait supposée générer socialement.

Pourtant, je n’arrive pas à y voir autre chose que d’immenses opportunités.

En renversant la vision catastrophiste des choses et en considérant le verre plutôt à moitié plein qu’à moitié vide, ne pourrait-on concevoir que, dans une société, toujours plus en demande de produits et de services, chaque poste qu’on supprime créerait, théoriquement, un espace pouvant être comblé par un entrepreneur ?

Je ne vous demande pas de répondre à cette question, mais de la garder dans un coin de votre tête, précieusement… Vous allez en avoir bientôt besoin…

La deuxième est certainement celle qui m’énerve le plus : aujourd’hui, pour un enfant, ne pas parvenir à s’adapter au système scolaire tel qu’il est en vigueur dans les écoles de notre pays, l’entraine, nécessairement selon ce même système, dans une spirale de l’échec implacable.

Alors, bien sûr, la faute à qui ? Qui est responsable de cette inadaptation ? Les parents ? Les professeurs, ou, plus globalement, l’éducation nationale ? L’Etat ? Ah oui ! J’oubliais aussi la conjoncture, ainsi que deux ou trois autres théories qui sont des mix plus ou moins savants de ces éléments !

Et puis, une fois qu’on a fini de rejeter la faute sur qui a le dos assez grand pour la prendre, il ne reste plus qu’une chose : cette statistique qui, pour votre information, ne compte pas ceux qui, de force, se retrouvent dans des filières soi-disant professionnalisantes, sans qu’à aucun moment il n’y ait eu une véritable évaluation de leurs aspirations et de leurs compétences

17% des élèves sortent de l’école chaque année sans diplôme

Ces deux points mettent en perspective les statistiques que je vais vous présenter maintenant. Rassurez-vous il n’y en a que deux ! Mais vous conviendrez qu’elles ne sont, quand on les entend, pas du tout rassurantes.

Deux millions de décrocheurs… des jeunes sans emploi, hors de tout système éducatif, même pas en formation… Deux millions de jeunes qui sont les laissés-pour-compte d’un système qui avait pourtant vocation à leur apporter les clés leur permettant de prendre leur avenir en mains… Deux millions, juste pour vous donner une idée, c’est quinze fois la population actuelle de Grenoble…

La deuxième, c’est, bien entendu, le chiffre du chômage des jeunes en France, que beaucoup constatent, commentent, dont ils s’émeuvent, mais contre lequel aucune action concrète et surtout réaliste n’est engagée. 26% des moins de vingt-cinq ans sont, au moment où nous parlons, sans emploi… Un jeune sur quatre qui, inlassablement, entend, même si c’est souvent dit avec beaucoup plus de formes, “on n’as pas besoin de toi, tu ne sers à rien dans notre société”.

Mais, ce qui à mon sens est encore plus grave, c’est cette obstination à penser qu’en faisant un peu plus de quelque chose qui ne marche pas aujourd’hui, on peut améliorer les choses, comme si la clé de notre problématique n’était qu’une question de volume de moyens !

Lorsque, plus tard, j’ai décidé, entrant dans la vie active de devenir éducateur spécialisé, je me suis rapidement rendu compte que les dispositifs en place n’avaient rien à envier à l’éducation nationale ! Car, de la même manière que, quand je ne comprenais pas une chose à l’école, on me l’expliquait de nouveau, mais de la même façon et beaucoup plus fort, dans l’insertion et l’aide au retour à l’emploi de ces jeunes en rupture, quand un dispositif ne fonctionne pas, on lui octroie un budget plus conséquent sans se poser la question de sa validité…

Il me semble temps de transformer en profondeur la manière de penser l’enseignement. Car c’est ce qui faisait la force de notre système éducatif, auparavant, qui se retourne désormais contre lui, faute d’avoir réussi à le remettre en question, à le penser différemment.

Notre école égalitaire ne peut plus se permettre de confondre “enseignement pour tous” avec “ tous le même enseignement”.

Même si il est vrai qu’on commence tout juste à prendre en compte la notion d’intelligences multiples, aucun moyen n’a encore été donné pour refondre un système scolaire qui, dès le plus jeune âge, saurait repérer les talents de chaque enfant afin de l’orienter au plus juste de ses aspirations.

Intéressons-nous au paradoxe de ces fameux décrocheurs : on peut rapidement isoler des traits de caractère communs à chacune de ces personnes, jeune ou non.

• Elles sont mal à l’aise dans les structures classiques

• Elles acceptent mal les idées préconçues

• Elles ont foi dans leurs opinions

• Elles sont enclines à contester des concepts pourtant acceptés par le reste de la population

• Elles ne supportent pas la routine

• Elles refusent de se soumettre à un horaire rigoureux, et sont, par conséquent, considérées comme marginales.

Si je considère simplement mon cas, ou l’ensemble des entrepreneurs que je fréquente ou dont j’ai pu lire la biographie, je constate que nous avons tous, au minimum, cinq de ces six traits de caractère.

 

Autre paradoxe : j’ai eu l’opportunité de diriger des structures importantes, tant en personnel qu’en volume de budget, et je suis à ce jour à la tête de plusieurs entreprises, dans des domaines aussi variés qu’éloignés les uns des autres ! Je possède même un restaurant ! Bref, quand on me demande d’indiquer ma profession, vous comprendrez qu’à part entrepreneur, je ne vois pas… Mais il me serait impossible, si je le souhaitais, d’intégrer par exemple une formation d’entrepreneuriat alors qu’il est mon quotidien, car leur billet d’entrée est, invariablement, conditionné à l’obtention d’un master ! Pour moi qui n’ai pas le bac, vous conviendrez que le chemin serait trop long.

Et pourtant la plupart des grands entrepreneurs qu’on étudie, ou même vénère, dans ces écoles, ce sont des autodidactes ! D’Henry Ford à Steve Jobs, ou encore Bill Gates !

Mais alors, me direz-vous, où est le problème ?

Il est très simple : pour cette poignée de grands noms qui sont parvenus à concrétiser leurs aspirations, combien n’ont pas même eu l’opportunité de simplement démarrer, construisant ainsi, lentement mais sûrement, la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui ?

Je suis convaincu que l’entrepreneuriat est dès à présent le seul avenir crédible pour le monde du travail, de même qu’il est évident qu’avoir des activités remplacera la notion même d’avoir un travail.

Le travail salarié qui nous semble si irremplaçable, n’est qu’un épiphénomène dans l’histoire humaine : deux siècles seulement, un accident de parcours à l’échelle de l’humanité en somme ! L’accroissement du chômage ne mesure, finalement, que l’urgence que nous avons à en prendre conscience de manière collective et rapide !

Donc, quels outils devons-nous mettre en place pour favoriser le développement de l’entrepreneuriat, ou comment arrêterons-nous de gâcher les talents de la jeunesse de notre pays? La même question, en définitive…

 

IMG_7033.JPG

 

Les tiers-lieux sont un bon exemple de la manière dont on peut inventer de nouveaux modes de fonctionnement pour l’entrepreneuriat, et modifier ainsi des paradigmes en apparence indéboulonnables. Cet exemple me touche particulièrement du fait que je passe la plupart de mon temps à créer des tiers-lieux.

Ce qu’ils sont ? Des endroits où on est ni à la maison ni au bureau. C’est autre chose, un autre lieu donc. On y travaille, mais en s’y sentant comme chez soi. Ces lieux, qui se développent à vitesse grand V, sont en train de transformer, par leur philosophie, radicalement notre rapport au monde du travail. Nous devons donc pouvoir nous en inspirer pour changer radicalement la manière dont nous concevons l’enseignement ?

Un tiers-lieux éducatif serait donc un autre lieu, ni la maison, ni l’école, ni un espace de soutien scolaire.

Un lieu différent pour pouvoir apprendre différemment.

Mais si le lieu est important pour le cadre qu’il donne, il ne peut plus être à lui seul la pierre angulaire sur laquelle faire reposer un enseignement.

Il faudra par ailleurs, et en conséquence, redéfinir ce qu’est un éducateur, un enseignant ou un pédagogue.

Une des choses qui fait une vraie différence dans les espaces de coworking, accélérateurs de start-up et autres lieux d’expérimentation, c’est le mentorat. Avoir un mentor change à peu près tout dans le développement, de l’entrepreneur comme de l’entreprise.

Imaginez un lieu ouvert sur le modèle des tiers-lieux, sans niveau d’entrée obligatoire ni sélection formelle, qui devrait accueillir les publics de tous âges avec un programme plus particulier pour les jeunes, particulièrement les mineurs. Diplômante ? Pour quoi faire ? Le seul diplôme qui compterait sera ce qu’on aurait réussi à y créer.

Imaginez une école au cœur d’un lieu rempli d’entrepreneurs, les deux mondes en perpétuelle interaction. Imaginez que vos professeurs soient ceux qui aident les startup à se développer.

Imaginez toujours que chaque élève ait un mentor, lui même startuper ou entrepreneur.

Et imaginez que cette école pourvoirait les compétences indispensables pour innover aujourd’hui, en enseignant les bases du développement web et de la fabrication numérique.

Imaginez un lieu où chaque génération serait en capacité d’accompagner la génération suivante.

Si ce que vous parvenez à imaginez avec moi vous plaît, sachez que ce projet est en cours de concrétisation, et que nous avons vraiment besoin de chacun de vous pour qu’il devienne un véritable vecteur de changement pour notre société !